Piégé par la radicalité….

Il y a des fois des prises de conscience qui vous font froid dans le dos. Il ne s’agit pas d’avoir trouver LE complot ou LA conspiration qui va détruire le monde (je n’y crois pas de toute façon, l’humain est assez con tout seul), il s’agit, au détour d’une discussion anodine, de s’apercevoir des ressorts et de la logique de la radicalité.

Être radical pour moi c’est être sans nuance sur un sujet bien particulier. À l’image de la définition ici, dans la section adjectif, les points 8 ou 9 explique bien ce que je veux dire.

Il y a sans doute des sujets sur lesquels chacun d’entre nous est radical, mais ce qui m’intéresse après y avoir réfléchi c’est le mécanisme de cette radicalité et ses conséquences.

Selon le wikitionaire nous sommes radicaux quand nous sommes sans nuance ou absolu. On peut être sans nuance et absolu sur certains sujets sans l’être sur d’autres. Ce qui est intéressant c’est le mécanisme et comment il peut se déclencher sur bien d’autres sujets.

Prenons cet exemple donc d’une conversation anodine concernant un auteur qui sera interprété par un autre, avec plus ou moins de talent. L’interprétation est donc une sorte de traduction de l’interprète des mots/écrits de l’auteur.

Dans cette discussion qui a eu lieu, j’ai donc eu la mauvaise surprise d’entendre que certains auteurs ne pourraient être interprété, par personne et d’aucune manière. Ce que je peux comprendre quand l’interprète ne rend pas les mots/écrits de l’auteur vivants à travers lui, donnant ainsi une bien piètre image de lui-même et par contre-coup de l’auteur. Mais je ne peux le comprendre lorsque l’interprète donne corps dans sa traduction aux mots/écrits de l’auteur.

Cette vision des choses est radicale pour moi, car elle interdit à tout interprète de traduire à travers lui qui que ce soit, sauf s’il est lui-même l’auteur des mots/écrits. Donc un interprète ne vaudrait que s’il est auteur/interprète. Commencez-vous à comprendre la logique ?

Continuons donc, si un interprète ne peut exister en tant qu’auteur, et bien nous avons un gros problème, car les interprètes/traducteurs sont pléthores mais les auteurs/interprètes sont bien moins nombreux. Nous fermons donc la voie à des interprètes, si talentueux soient-ils, parce que certains auteurs ne pourraient être interprétés que par eux-mêmes… ou personne, car tous les auteurs ne sont pas interprètes.

Mais maintenant, poussons plus loin ce sujet, et sortons de ce cadre en appliquant ce principe, cette logique à tout ce qui nous entoure. Je suis l’auteur de ce billet de blog, mais je suis radical, je vais donc en interdire l’interprétation/traduction par quiconque car j’estime que mes mots, alignés comme précédemment, ne « peuvent » être interprétés que par moi dans un soucis de rendu exact et fidèle. Je ne suis pas bien, car quelque part, à part moi, personne ne pourra partager ce billet, personne ne pourra même le commenter, personne ne pourra l’interpréter, le traduire (même dans une autre langue) car il perdra la substantifique moële de ce billet.

Bon ça va, je ne suis pas radical, vous pourrez le faire….

Ce que je veux montrer c’est que dans un sens comme dans l’autre, le trop n’est jamais « bon ». Si je mange trop de chocolat, je suis malade.

Ce dont j’ai peur, c’est du mécanisme mental qui opère, car lui est bien plus terrible qu’une crise au foie. Ce mécanisme, cette logique permet de basculer dans une radicalité profonde, sur une broutille, sur un sujet anodin, et finalement d’ouvrir la boite de pandore à toutes les radicalités, pour peu qu’un événement fasse basculer votre raison.

Et la radicalité appelle la radicalité pour moi, une fois une bascule opérée sur un sujet, d’autres viennent, et la radicalité aussi. Nous en avons eu des exemples frappants pendant le vote de loi du mariage pour tous. La radicalité s’est exprimée en plein à cette occasion. Mais ce n’est pas le seul moment, chaque jour déverse sa bile de radicalité, avec les pros et les antis, inconciliables et inséparables en même temps, et aux milieux les « autres » qui sont sommés de toute part de prendre parti: « Alors pour ou contre ????? », comme s’il n’existait que ça, des « pour » ou des « contre ». Avez-vous déjà vu un soucis (la fleur) ? Il n’y en a pas 2 identiques, souvent orange complètement, la fleur peut aussi prendre des teintes jaunes voire blanches avec un cœur jaune ou rouge, et j’en oublie certainement. Nous sommes dans la même veine nous les êtres humains. Nous ne sommes ni pour ni contre, nous sommes humains tout simplement.

Mais face à la radicalité, il y a quelque chose qui doit se développer qui permet je crois de la contrer, cette radicalité, c’est la résilience. Ce mécanisme permet l’adaptation au changement, mais si vous recevez des coups durs mentalement.

 

Alors si je peux souhaitez quelque chose pour cette année qui vient, c’est que de nombreuses personnes soient ou deviennent résilientes, car ça pourrait permettre un barrage à la fange brune qui monte.

Soyez résilient, pas radical…

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