De la logique…

Il y a certaines fois où chacun peut se demander où va le monde, où je vais, où les autres vont et ce qui les animent.

Il y a dans ma vie de cartésien des choses qui me perturbent, des fois mes propres comportements et réactions, actions et pensées.

Mais il y a une constante dans ce qui m’anime, c’est une certaine logique, certaine car elle m’est propre (comme il se doit ou presque).

Nous avons tous une logique propre, qui fait que nous agissons, réfléchissons, raisonnons d’une manière singulière. Ma logique est mienne et n’est pas la vôtre.

En ce sens, j’essaie de l’utiliser au maximum afin de faire ce que j’ai à faire, même si je me retrouve certaines fois désarçonné par la réalité.

Dans ma réflexion, je suis un cartésien, je suis pratiquement un logique au sens mathématique du terme, ce qui me vaut nombres de déboires. En théorie, ça doit le faire, ça doit fonctionner, ça doit passer, mais la réalité met toujours la logique à l’épreuve, car la réalité est (même si elle peut être subjective).

Et depuis quelques mois, voire quelques années, je vois, j’entends l’illogisme prendre le pouvoir, partout et pour tout, ou en tout cas essayer de le prendre, soit par la force brutale, soit par les mots, soit à l’usure. L’illogisme de la brute (par forcément sans intelligence) essaie une nouvelle fois de prendre place, de prendre LA place afin d’obtenir le pouvoir, ce pouvoir dont l’addiction est si terrible.

Et cet illogisme gagne en place, petit à petit, à l’usure, mais aussi grâce à des soutiens plus inattendu les uns que les autres, grossissant ses rangs de mois en mois, d’années en années. Et l’impression que rien ne l’endigue, qu’il gagne chaque jour un peu plus de place…

Mais tout ceci ne se fait pas seul, pour gagner en place et en visibilité, cet illogisme essaie partout et sur tout de gagner du terrain. Et pour ce faire, il a avec lui quelque chose d’indispensable, la bêtise, voire la bêtise crasse. Car c’est d’un couple dont il faut parler, qui pour moi ne peut aller l’un sans l’autre. Ce couple permet donc d’avancer de manière presque linéaire et certaine fois prévisible (ou presque).

Il existe un nombre infini d’exemples, allant de choses communes à celles plus complexes.

Si ça s’arrêtait là, il serait simple d’en finir avec cet illogisme et sa bêtise associée. Mais nous avons le dernier ressort qui vient compléter ce couple, il s’agit de l’exemple. Le triptyque est donc finalement formé, avec des individus qui vont donner l’exemple. Ils vont porter bien haut cet illogisme et cette bêtise, et vont même en faire un sujet politique, voire même en faire LA politique.

D’une chose anodine, l’illogisme, qui en soit peut exister sans (trop) grande conséquence, nous avons ajouté quelque chose de tout aussi anodin, la bêtise qui existe en chacun de nous, sans grande conséquence, et nous lui avons donné, ou permis, d’être entendu de tous par ceux qui sont censés nous « représenter ».

Et donc, aujourd’hui, sous des prétextes, plus fallacieux les uns que les autres, nos représentants nous disent des bêtises et qu’ils vont les appliquer, se basant sur l’illogisme comme fondement. Et nous, les « citoyens », dans l’immense majorité, nous allons les suivre. Et en France, nous avons en plus une petite particularité, c’est que nous allons très majoritairement suivre tout en gueulant comme des veaux. Ah, la spécificité française n’est pas que culturelle…

Alors, aujourd’hui, d’une république, nous allons de fait bientôt (peut-être) changé de régime. Il portera toujours le même nom, sinon on gueulerait bien trop, mais dans les faits il sera tout autre, il sera la réalité de ce qu’il est finalement, il sera l’instrument d’une domination de quelques uns sur tous les autres, appelés par les veaux de leurs vœux, sous prétexte de liberté sauvegardée par la surveillance de quelques uns sur tous.

Demain, pour notre peur envers 0.015% de notre population (sûrement moins en fait), nous allons instaurer de nouvelles règles. Et tout en disant que c’est pour le bien de tous, nous allons de facto exclure du champ national une partie de la population. Car même si nous parlons de « symbole », je ne suis pas sûr que tout le monde le vivra symboliquement, dans sa vie, dans son travail et dans tous les aspects de ce qu’est la vie. Nous allons donc avoir une république d’apartheid, avec les « nationaux » d’un côté, ceux qui ne risque pas de voir leur vie modifiée en quoi que ce soit, et les autres qui eux vont croquer double pour protéger tous les autres. Cet politique créera le terreau fertile de la discorde civile, car c’est ainsi, c’est ainsi que l’humain fait quand il s’ennuie, il crée les conditions de la discorde, il crée le désordre pour avoir l’excuse de celui-ci afin de rétablir l’ordre, par un excès d’autoritarisme.

Mais il s’agit d’être logique dans l’illogisme actuel, il ne faut donc pas attaquer sur un seul front, il faut effectuer un assaut simultané sur tous les fronts possibles, désorganisant ainsi les résistances, créant le désordre tant souhaité et annihilant la logique en morcelant son action de toute part.

Il s’agit d’être efficace, et morceler les forces de l’adversaire, des adversaires, fait apparaître la victoire plus proche.

Alors l’attaque se veut multi-forme et multi-domaine, sociale, économique, environnementale et que sais-je encore, forçant les adversaires logiques à sombrer dans le même illogisme, la même bêtise pour être entendu, tout en morcelant ces forces, ce qui les condamnent à rester inaudibles.

Aujourd’hui, la logique disparaît, au profit d’un « bon sens » qui n’est ni un sens ni bon, mais simplement un argument creux, une formule toute faite, un jackpot de communicant plus intéressé par son profit de fin de mois que par le mal que ça peut faire dans la société.

Aujourd’hui, quand votre valeur vaut uniquement si votre compte en banque vaut, qui si votre aura médiatique vaut, qui si votre grande gueule vaut, il ne faut pas s’étonner de voir ressurgir des tréfonds de la fange la bête immonde, celle qui cause des millions de victimes, souvent conscientes et acquises à cette bête.

Demain, nous aurons sans doute, en temps qu’espèces parmi les autres, l’immense « privilège » de voir un monde nouveau, mais que sera-t-il ce monde ? Celui qui dira que l’inculte sera l’intelligent, que le malheur sera le bonheur, que le blanc sera le noir, que la liberté sera l’esclavage, que la paix sera la guerre ? Ou bien sera-t-il celui qui aura évolué, qui aura réellement pris conscience, qui aura réfléchi, raisonné, et agit pour le bien de tous, et non celui de quelques uns ?

Hier, une conférence mondiale avait lieu, elle a accouché d’une décision, une décision unique dans l’histoire de l’humanité, une décision de papier. Cette décision était-elle une prise de conscience réelle ou un simple trompe l’œil ? Car si cette décision de papier n’est pas un leurre pour la masse, ce n’est pas pour prendre les décisions après-demain, c’est pour les prendre maintenant, et ce même si ça ne fait pas plaisir, même si ça ne gagne pas, même si ça ne gagne pas les élections. L’enjeu n’est pas électoral, il est vital. Si rien n’est fait pour ça, alors une toute petite minorité vivra après-demain. Sommes-nous prêts à être les bourreaux de nos enfants et petits enfants ?

L’illogisme est de se dire que pour cette fois il est trop tard, les prochains feront le boulot. La même bêtise de ces 50 dernières années en somme. Et nous voyons bien quel exemple est donné…

Ou bien, nous posons les « pourquoi », à chaque fois, en chaque instant, dans chaque parole, devant chaque responsable, en tout lieu. En nous allons au fond des pourquoi, car sans ces réponses logiques issues des pourquoi, nous n’aurons jamais les « comment ». Vous demandez-vous comment faire quelque avant de savoir pourquoi ? Si je dois bêcher dans mon jardin, je me demande d’abord pourquoi je le fais plutôt ici que là, et ensuite je réfléchis et je prends une décision. Pour bêcher, je sais déjà que le comment sera avec une bêche. Mais le pourquoi ultime serait de savoir pourquoi je dois bêcher.

Il y a des pourquoi simple, où la (ou les) réponses sont faciles à trouver, ce qui apporte plus aisément les comment. Il y a des pourquoi plus complexe, les réponses sont moins aisées à trouver, les comment d’autant plus.

Et il y a des pourquoi hyper complexes, qui sont souvent des suites de pourquoi, des pourquoi de pourquoi, qui font qu’un long et difficile cheminement est nécessaire afin de trouver les réponses, et ensuite réfléchir de nouveau pour trouver les comment, souvent aussi complexes que les pourquoi et pourquoi de pourquoi. Ceci est une logique de pensée, et une pensée logique.

Comme chacun d’entre nous ne peut pas y consacrer tout ce temps, il faut que certains se « dévouent » pour le faire, ils sont scientifiques, philosophes, mathématiciens, mais aussi bâtisseurs, architectes et surtout politiques. Les politiques sont censés, avec l’aide de nombreuses personnes qualifiées, penser ces pourquoi, pour mettre en place des comment pour un temps long. Ces comment sur un temps long construisent nos sociétés, dans un sens ou dans l’autre, pour le meilleur ou pour le pire, l’histoire nous en donne (malheureusement et heureusement) de nombreux exemples.

La logique, pour moi, pour faire de la politique, c’est d’avoir réfléchi les pourquoi pour avoir au moins une partie des comment à mettre en œuvre pour arriver  à une certaine vision de la société dans l’avenir, sans oublier celle du présent en tenant compte des enseignements de celles du passé.

L’illogique actuelle est de mettre en œuvre des comment sans savoir les pourquoi en espérant que les enseignements du passé resteront là où ils sont (dans le passé), que le présent ne fera pas (trop) chier et que l’avenir ne compte pas vraiment (ils seront morts de toute façon un jour ou l’autre dans l’avenir).

Et pour parvenir à cette société de l’illogisme, nous allons donc avoir recours à tout l’arsenal de l’illogisme, les injonctions contradictoires, les manœuvres manichéennes (ou binaires), le divertissement à outrance, la haute-technologie-qui-te-fait-croire-que-tu-es-immortel, et bien d’autres manœuvres faites pour que chacun regarde ailleurs, et surtout son voisin d’un sale œil. Ainsi occupé, personne (ou presque) ne se pose plus les pourquoi, nous nous perdons dans des comment sans aucun sens, si ce n’est celui du totem « argent-à-tout-prix », et nous demandons (presque) chaque jour pourquoi tout part de travers. Il reste au moins un pourquoi qui nous interroge….

Nous y voilà donc aujourd’hui, à un début de la fin, une vie sans aucun sens (ni bon, ni mauvais), une vie sans raison, une vie sans logique, une vie sans joie, une vie sans vie. Le spectacle est désolant, d’autant plus que d’entendre ceux qui nous disent que tout va bien ou que tout va mieux, perdu dans leurs contradictions perpétuelles, sans pourquoi, sans comment, sans rien.

Alors, si vous arrivez juste qu’ici, que pouvons-nous faire maintenant, avec cette maison lézardée de partout, dont la toiture nous est déjà tomber sur la tête et dont les murs menacent de s’écrouler ? Et bien peut-être tout simplement se poser les questions, bonnes ou mauvaises, faciles et difficiles et essayer de comprendre pourquoi la maison s’écroule. Une fois que nous aurons ce pourquoi, alors il faudra sans doute essayer de trouver des comment, et alors d’autres pourquoi apparaîtront. Et c’est ainsi que l’espèce humaine fonctionne, car nous ne sommes ni simplement des animaux, ni des machines, nous sommes humains, nous réfléchissons et nous avons la capacité de nous questionner.

Il faut accepter toutes les réponses, même celles qui font mal, qui nous font mal, car ainsi nous accepteront d’avancer de nouveau, nous accepteront d’évoluer vers autre chose, vers un nous logique et censé, une nous raisonné et éclairé, un nous vivant. Aujourd’hui, nous nous voyons proposé la mort, la société morbide, la société mortifère, mais nous avons le choix individuellement et collectivement d’aller vers autre chose, avec nos pourquoi et nos comment. Ils en seront sans doute pas parfait, rien ne l’est en ce monde, mais ils auront le mérite d’exister alors qu’aujourd’hui ils sont bannis, sur injonction prioritaire de ceux qui dirigent, de ceux qui ont du pouvoir.

Aujourd’hui nous pouvons décider, demain peut-être plus. Demain, lorsque les comment précéderont les pourquoi, le(s) pouvoir(s) n’auront de cesse d’essayer de faire la correspondance entre eux pour faire croire que la réflexion a eu lieu, alors qu’il n’en sera rien.

Il faut faire le choix du pourquoi pour construire les comment de demain, et si nous devons en souffrir aujourd’hui pour offrir un futur à nos enfants, alors je trouve que ce n’est pas forcément cher payer que de donner à nos descendants une planète vivable dans tous les sens du terme.

Posons-nous les POURQUOI, sortons de l’illogisme actuel.

 

Ça y est, je viens de fusiller votre soirée, mais il vous reste les pourquoi, ils sont là pour garnir vos journées et vos soirées, et ne sont pas de mauvais compagnons, juste exigeant, pas plus.

Alors, bons pourquoi du soir, du matin et de l’après-midi…

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