Très chères pulsions…

Nous avons tous en nous des pulsions, et certaines d’entre elles sont plus importantes, plus primordiales que les autres. Personnellement, je pense que les pulsions de vie et de mort sont les plus primordiales, car elles conditionnent toutes les autres, elles sont la base de toutes les autres.

Et si ce sujet me parle un peu plus en ce moment, c’est que je sens autour de moi, de nous, des pulsions contradictoires qui s’expriment. Et finalement, ce sont ces 2 pulsions qui s’expriment, la pulsion de vie et la pulsion de mort.

Il y a de nombreux exemples en ce moment de ces expressions, et du discours qui va avec. Et ce qui est le plus troublant, c’est à quel point la pulsion de mort est présente, voire omniprésente en ce moment. Cette pulsion se retrouve partout, dans tout, sur tous les sujets, et sous des prétextes aussi sérieux que grotesques. En regard, une pulsion de vie semble vouloir se lever pour contrer le phénomène, mais trouve difficilement une place, tant l’argumentation en face est lourde et présente.

 

Pour moi, la pulsion de mort s’exprime dans différents domaines, allant de l’agriculture en passant par le nucléaire, l’automobile, le tabac et le monde du travail.

La pulsion de vie s’exprime dans une certaine conception de la vie attaché à l’agroécologie, les énergies renouvelables, les mouvements sociaux et de solidarités.

La société se pose des questions à travers ses individus et ses collectifs, et c’est une bonne chose. Mais il faut poser les bonnes questions, comme il faut, afin de ne pas apporter des réponses mortifères, voire morbides.

 

L’impression que j’ai en ce moment, c’est un cynisme poussé à l’extrême par des gens qui sont au porte du grand départ mais qui ne veulent pas partir. Ils cherchent donc à tout contrôler, à tout moment, et à contrôler tout le monde. Ils cherchent à tout prévoir, même s’ils disent le contraire, et par la même à contrôler leur grand départ. En fait, tout simplement, ils ont « peur » de leur mort, de la mort tout court. Cette peur irraisonnée fait qu’ils ont pris un chemin morbide pour eux et mortifère pour toute la société.

Alors ils ont des discours (outils et argumentaires de communication) bien construits et bien rodés, qui permettent de faire croire que la couleur blanche est noire, que faire le mal c’est faire le bien. Ils ont les moyens de vous faire croire le contraire de ce qu’ils disent, en mâchouillant les mots de telle façon que vous ne comprenez plus de quoi ils parlent à la fin de la phrase. Ils baragouinent, comme de petits enfants apeurés, des mots sans queue ni tête, juste histoire d’envoyer aux autres les propres peurs, et surtout leur peur essentielle, ils vont bientôt partir. Et personne n’y peut rien, la vie est ainsi, la mort est sa fin et son sens.

 

La vie s’exprime aussi, de façon plus diffuse, car non « exploitée » par les médias de masse, sur Internet, dans des associations de terrain, dans le réel et le virtuel. Certaines fois, elle trouve même une convergence entre les deux, le virtuel passant au réel, trouvant ainsi une raison supplémentaire de s’épanouir. La pulsion de vie, c’est celle qui vous fait dire qu’il faut profiter des instants de cette vie, car nul ne sait lorsqu’elle va s’arrêter. C’est celle qui vous fait dire, tiens aujourd’hui il fait beau, je suis disponible, je vais faire un tour à la plage et je profite juste de cet instant de balade, là, en ne faisant rien d’autre que ça, me balader. C’est cette pulsion qui vous fait dire que voir une plante, jour après jour, grandir est une vision extraordinaire de la vie.

Il est à se demander si certaines fois ceux qui en profitent le plus ne sont pas les plus esquintés de la vie, ceux qui sont peut-être passés pas très loin de la mort, ceux qui ont pu la sentir, ou sentir son « souffle » dans le cou, ceux qui savent finalement réellement ou intuitivement le prix de la vie.

 

Aujourd’hui, certains nous affirment que la vie c’est le mouvement perpétuel, qu’il faut tout le temps faire, penser, agir. Pour moi, c’est l’exemple même de la mort, en tout cas de la peur de la mort. Car, tant que je bouge, c’est que je vis, donc je ne suis pas mort. Je dois donc bouger continuellement pour être sûr de ne pas être mort. Mais quelque part, je suis déjà mort, je n’ai plus de temps pour rien, je n’ai plus de temps pour la vie, je ne suis donc plus en vie, je suis donc bien mort en étant vivant. Si vous avez déjà vu un film de zombies, vous devriez regarder ce qu’ils font, ils sont toujours en mouvement, en quête d’une proie, continuellement, comme si de repos il n’y avait point. Dès que quelque chose de vivant passe à leur portée, ils deviennent frénétique et n’ont de cesse de vouloir le détruire pour se l’approprier en le mangeant, comme pour s’approprier la vie des autres.

 

Vouloir prévoir la vie, c’est se condamner à une non-vie, une vie de mort-vivant, avec un temps continuellement occupé (souvent pour du vent) même en période de repos. Vouloir prévoir la vie, c’est vouloir prévenir la mort, sans jamais y arriver. Vouloir prévoir la vie, c’est vouloir prévoir la mort sans que je sois possible. Vouloir prévoir la vie, c’est mourir, tout simplement.

 

La pulsion de mort est très présente en ce moment, partout, ici ou ailleurs, et nos représentants et contemporains sont tous atteints, moi aussi d’ailleurs. Mais le degré d’atteinte est différent. Nous avons besoin de cette pulsion de mort pour vivre, mais elle ne doit pas prendre trop de place, pas prendre toute la place.

La pulsion de vie est celle qui nous fait avancer, chaque jour, simplement pour nous, nos enfants (si nous en avons), nos proches, sur de la valeur humaine, humaniste. C’est celle qui nous fait voir le monde, pas tel que certains nous l’imaginent, mais simplement tel qu’il est, avec ses bons et ses mauvais aspects.

 

Ma pulsion de vie, c’est ma famille, ma femme et mes filles, ce sont mes chats, c’est mon champ avec mes arbres fruitiers qui poussent, avec un coup de main à droite ou à gauche, à l’occasion. Je ne vis pas une vie de rêve, mais pas une vie catastrophique non plus. Je vis ma vie, tout simplement, en essayant de faire les choses du mieux que je peux, sans marcher sur les pieds des autres, mais sans me laisser marcher sur les pieds non plus. J’ai eu le souffle dans mon cou, un jour, et depuis je vis les choses, heureuses et douloureuses, sans excès et sans indifférence.

 

Encouragez vos pulsions de vie, elles font vivre vraiment. Elles font vivre la vie en vous, pas celle du consommateur qui collectionne tous téléphones portables, toutes les voitures ou que sais-je encore, la vie, celle qui n’a besoin de rien (ou presque) pour être là, avec vous et exister. Alors ce n’est pas tous les jours simples, mais ça vaut vraiment la peine, car ça fait ressentir des émotions intenses, même sur de toutes petites choses.

Cette pulsion de vie, c’est celle qui fait la vie, ma vie, notre vie. Lorsque la pulsion de mort l’emporte dans une société, c’est une effroyable conséquence pour tout le monde.

 

Pour moi, par exemple, une pulsion de mort du moment, c’est le tabac. Voici quelque chose qui tue, et qui finalement va continuer à tuer tranquillement, sous prétexte de respect de la loi. Et pour qu’il continue à tuer tranquillement, surtout, surtout, ne pas permettre, à tout le moins, à un autre produit bien moins toxique de venir le remplacer. Si ce n’est pas un bel exemple d’une pulsion de mort…

Un autre exemple, les gaz et pétrole de schistes, qui sous prétexte d’apporter de l’énergie à aval est prêt à sur-polluer en amont, et tant pis pour les conséquences sanitaires tant que ma bagnole peut rouler à moindres frais.

Il y en a plein notre escarcelle en ce moment, j’ai tellement le choix que je m’y perds. Et le prétexte à tout ça serait, soit disant, de bien vivre chez nous. Il faut juste oublier les morts, les handicapés, les invalides, la pollution, la corruption et j’en passe et des meilleures.

Je suis partial ? Oui, je le suis. Je suis partial de la vie, et je laisse la mort à ceux qui veulent la porter, la glorifier. En ce moment, nous avons le choix entre les commémorations de 14-18, 39-45, Janvier ou Novembre en passant par toutes les autres effectuées en grandes pompes pour faire oublier notre quotidien. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, qu’il ne faut pas entretenir la mémoire de ces événements, je dis juste qu’il serait temps d’en tirer les leçons, les bonnes leçons, ce serait faire preuve de vie vis à vis de ces morts. Vouloir revivre ces moments, ou les faire revivre à ceux qui vivent en ce moment, c’est criminel, c’est l’expression même de la pulsion de mort. La pulsion de vie serait les leçons de vie de tels événements.

 

Je ne sais pas d’où viennent ces pulsions, pourquoi elles sont là, en nous. Un jour je me poserai sans doute la question et essayerai de trouver des réponses. Tout ce que je sais, ou crois savoir, c’est que la pulsion de vie nous fait avancer réellement car nous avons conscience de notre mort, alors que la pulsion de mort nous fait refuser cette même mort en ne vivant pas notre vie.

C’est pour ça que j’aime les chats, ils sont l’expression même, pour moi, d’une pulsion de vie intense et sans faille.

 

Espérons qu’un jour, les pulsions de vie l’emporteront sur les pulsions de mort dans la société.

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